Chabat bien !

Chabat, c'est typiquement le genre de type avec qui on aimerait bien passer une bonne soirée "déconne" entre potes. Pas le mec chien quoi. Et pourtant, c'est bien de ça dont il s'agit aujourd'hui. L'ex Nul nous parle en effet de Didier, son premier long-métrage en tant que réalisateur dans lequel il incarne… Un labrador ! 

httpv://www.youtube.com/watch?v=zihoSsgx_1Q

– Alain, vous vouliez faire quoi quand vous étiez petit ?

Quand j'étais petit, je voulais être successeur de Walt Disney. J'avais même fait les plans d'un parc d'attraction qui s'appelait "Chabat Land", avec en fait des personnages de Disney, comme Zorro. Je n'ai pas compris pourquoi ils n'ont pas fait une statue de Walt Disney quand il est mort, parce que c'était mon idole absolue. Donc en fait voilà, je voulais faire ça, je voulais faire du dessin animé. Je n'ai pas encore oublié l'idée. Un jour, j'espère que j'en ferai !

– Vous devez en connaître plein maintenant, des blagues et jeux de mots canins…

J'en ai balancé plein ! Mais globalement, j'ai mis toutes celles que j'aimais dans le film. Je ne crois pas qu'il y en aie une que je regrette de ne pas avoir mise… Et puis il y en avait tellement ! Au bout d'un moment ça suffit, c'est trop. D'un seul coup tout le monde se met à dire "ah dis donc, il fait un temps de chien aujourd'hui", et ça devient vraiment lourdeau ! Ma préférée, c'est quand Bacri vend Didier au président du club comme un joueur de foot exceptionnel. Le président est vachement impressionné et dit "putain dis donc, il est instinctif, il est rapide, il est généreux…", et Bacri dit dans sa barbe "ouais ouais, c'est pas l'mec chien ouais…". Celle la, c'est vraiment ma préférée ! Surtout qu'il n'avait vraiment pas envie de la dire, il disait "quand même, c'est gros !". Mais je lui ai dit "mais non, c'est pour lui, tu peux vraiment le dire dans ta barbe, très léger, comme ca…". Et puis c'est marrant parce qu'il y a un tout petit rire en général, dans la salle, elle passe un peu à l'as, mais j'aime bien !

– Vous avez fait comment pour avoir à ce point un "regard vraiment canin" ? En gros, ça a été facile de rentrer dans la peau d'un chien ?

Je me mettais en position chien, et puis j'essayais de ne penser à rien d'autre que "quand est-ce qu'il me donne à manger ?", "pourquoi il me parle comme ça ?", "oh il crie, il n'a pas l'air content"… C'était un moment de détente pour moi, de faire le chien !

– Pourquoi avoir choisi un labrador ? Vous plus à un caniche non ?

Ouais, effectivement ! Mais je n'avais pas envie de travailler avec un caniche ! Il y avait une phrase dans le film, que j'ai enlevée, où Bacri disait "mais comment ça se fait que t'es sorti frisé comme ça ?". Je me suis demandé "est-ce que je me teint en blond ?". On a essayé avec une perruque, je me suis dit : "attend, on va voir que ça. Je vais faire le chien, ça passera ailleurs que dans la coiffure". Mais c'est vrai, normalement j'aurais du sortir caniche !

– Il vous arrive encore d'aboyer ou de grogner, comme Didier ?

Tout le temps !

– Ca donne quoi ?

Wouf ! (rires)

– Vous savez qui est en tête du championnat de foot en ce moment ?

Bien sûr ! Oui oui, et ça marche bien pour eux d'ailleurs, et je suis très content que cette ville soit première du championnat de ce jeu formidable qui s'appelle le football ! Non, je ne sais pas du tout ! Attendez euh, PSG ?

– Oui !

PSG PSSG PSG !!!!!! C'est vrai ???? Ah c'est bien… Non, j'ai vu juste aujourd'hui (ndlr : le 31 octobre 97) dans Le Parisien que euh, comment il s'appelle, Simone, Marc Simone est blessé. Ce qui est bien avec le PSG, c'est que t'as quand même des émotions. Ce sont les rois du : " Ils vont se faire massacrer", et ils font un truc absolument hallucinant, et : "bon , là ça va, ils vont gagner les doigts dans le nez", et ils se font raplatir… Ce sont les rois du spectacle !

– Bacri, il fait toujours la gueule ou c'est un genre qu'il se donne ?

C'est vrai qu'il a ce còté "j'ai envie de savoir un peu qui tu es avant de me livrer". On est quand même habitués aux bons clients de déconne, avec Farruge ! Mais lui, c'est quand même un des mecs qui me fait le plus marrer dans la vie quotidienne… Il adore dire des conneries toute la journée, et une journée sans conneries c'est pas une bonne journée ! Non, c'est un mec humainement adorable, et vraiment charmant et généreux, et super dròle… Y a un petit mode d'emploi, que moi j'adore, qui ne me perturbe pas du tout. Moi j'ai plutòt tendance à être d'accord tout de suite et me fermer ensuite s'il y a un problème, lui il attend le… "Coco, ta gueule !" (sur le ton de la confidence) Coco, c'est le maìtre des lieux (ndlr : Hòtel Coste, 1er arrondissement de Paris). J'adore mal lui parler !

– Qu'est-ce qu'il y a eu de plus difficile, sur le tournage de Didier ? Vos moins bons et meilleurs souvenirs ?

Le moins bon souvenir, c'est le premier jour de tournage, parce qu'il y avait tout ce bordel de foot à régler (ndlr : Alain Chabat parle de la scène finale du match de foot), que je n'étais pas à l'aise dans le foot, que c'était mon premier film, le premier jour… Mais en même temps c'est moi qui l'avais voulu, je voulais vraiment qu'on aille tous dans le mur, direct, pas par des ouvertures de portes, qu'on commence vraiment par du lourd. Le meilleur souvenir, c'est à partir du deuxième jour en gros ! C'est beaucoup les scènes de comédie avec Jean-Pierre et les autres comédiens, et puis le sentiment que tout le monde est heureux, qu'on fait tous le même film…

– Il y a un moment du tournage qui reste pour vous inoubliable ?

Il y a eu plein de fou rires… Ah si, y a une scène de chiottes, pour parler d'un truc, "caca-pipi" comme d'habitude, où Jean-Pierre explique à Didier "maintenant, tu pisses pas n'importe où !" et qui lui explique les chiottes… On a passé la journée dessus ! Il y a eu, je sais pas, 30-35 prises de fou rire… C'est donc un bon souvenir, mais, en même temps, tu te dis à la fin de la journée "attends, maintenant il faut arrêter", et t'as le rire nerveux. Et puis quand le metteur en scène est planté, et que TOUT LE MONDE est planté… Non, ça c'était plutôt rigolo !

– Si vous aviez à refaire Didier, vous feriez tout pareil ?

Non, je rebosserais beaucoup plus l'histoire d'amour vachement mieux, quitte à la faire écrire par quelqu'un d'autre, parce que je ne suis peut être pas très doué là dedans, pour que le couple Jean-Pierre et Maria fonctionne beaucoup mieux et de façon beaucoup plus forte. Sinon, je changerais sûrement des trucs, je me dirais "merde, il manque un gag là", "là c'est un peu long", "là ceci là cela"… Non, c'est surtout la relation Jean-Pierre-Maria que je rebosserais le plus…

– Il parait que vous aller réaliser le remake américain de Didier. C'est vrai ?

C'est un bruit, mais c'est un peu long et surtout ce n'est pas du tout signé. Les américains sont intéressés et, effectivement, ils m'avaient demandé "est-ce que ça vous intéresserait de le réaliser ?". J'ai dit "oui, à certaines conditions, pas à tout prix, et d'une certaine manière". C'est de tout ça dont on est en train de parler, ce n'est vraiment pas sûr.

– Vous adorez le fantastique, la s.f. Vous avez des projets en tête ?

Ouais, j'adore ça ouais ! C'est pas un projet mais une envie, avec Tanino Liberatore, le dessinateur de Ranx Xerox. Ca fait au moins 5 ans, mais là ça se précise puisqu'il va venir vivre à Paris. J'ai envie de co-réaliser un truc avec lui, une espèce de comédie violente, d'anticipation bizarre, dessinée, story-boardée, costumée, les décors et tout par Tanino, l'histoire par moi. Un mélange beaucoup plus abouti que ce qu'on a fait sur Ranx, où là je suis arrivé en cours pour finir une histoire. Mais c'était une bonne approche pour savoir si on pouvait bosser ensemble. Comme on peut, et qu'on s'est bien marrés, j'aimerais bien faire ça.. Mais c'est cher (rire), donc il faut être sûr de l'histoire !

L'Internet, ça vous branche ?

Ouais, je bricole dessus… Mais mon navigateur c'est de la daube, c'est toujours trop lent, j'ai pas assez de mémoire, je peux pas avoir des millions de couleur parce que pourquoi, je sais pas, j'ai pris un Power PC 6400-200, j'ai demandé un million de couleurs pour avoir le chargement d'images plus rapide, le mec m'a dit "ah non, on peut pas mettre un Vram dessus" ou je sais pas quoi, j'ai dis "pourquoi ?", "Ah, parce que pas sur celui là", hargh, justement sur celui la… Mais bon, à part ça, à part toutes mes merdes techniques – parce que moi je touche un truc, le machin explose, je dois avoir un fluide anti-électronique – j'adore quand même Internet. Je trouve que c'est un outil sublime, un outil fun, un vrai bon outil. Moi je bosse beaucoup avec, et puis c'est vrai que pour balancer des scénars et bosser à distance, c'est plus simple que de l'UPS ou du Federal Express. Tu peux envoyer les trucs et le mec peux retravailler dessus, non, j'adore ça. Je trouve toujours trop long, enfin avec mes machines en tout cas, le chargement de vidéo et d'image animée, mais j'adore, j'adore !

 Ced Wood Reischek pour Club-Internet, 1997.

+ de rencontres ciné BD

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *